Les avantages de la dématérialisation de la culture et ses limites technologiques

Dernière mise à jour: 29.11.20

 

Nous vivons dans une époque où le matériel perd du terrain au profit du virtuel. Avec le développement en flèche d’Internet, les habitudes ont changé du jour au lendemain. La culture n’a pas échappé à ce vent de changement, avec des avantages palpables, mais aussi de nouvelles limites à franchir.

 

L’univers de la dématérialisation

Depuis l’avènement d’Internet il y a quelques décennies, les idées ont évolué de manière à vouloir limiter, voire supprimer toutes les contraintes physiques liées aux informations. Autrement dit, la dématérialisation concerne le fait de pouvoir véhiculer, transmettre ou partager des connaissances sans devoir s’encombrer d’un support matériel. Le principe s’est peu à peu démocratisé pour figurer aujourd’hui en tête dans les méthodes de recherche de données. Le monde de la culture est en train de suivre la tendance, malgré la résistance quelque peu aléatoire des anciens principes et habitudes de consommation. En effet, si un clic suffit aujourd’hui pour aller en quête d’une date historique célèbre, le fait de compulser un bon vieux livre d’histoire apporte toujours un certain plaisir pour l’heureux possesseur d’un tel manuscrit. Néanmoins, la bataille pour la dématérialisation pourrait durer encore un certain temps. En effet, même si le concept met en exergue des avantages incontestables, il se doit encore de trouver des solutions à certaines limites qui pourraient jouer en sa défaveur.

Les avantages de la dématérialisation de la culture

Qu’est-ce que la culture ? C’est ce qui reste quand on a tout oublié. Sans vouloir aller trop loin dans la tentative de démêler ce concept philosophique inextricable, la protection de la culture pourrait passer par la dématérialisation. En effet, la culture englobe toutes les connaissances passées, celles que nous emmagasinons aujourd’hui, et celles sur lesquelles nos descendants se baseront à leur époque. Elle ne cessera donc d’évoluer avec l’espèce humaine. Pour conserver toutes ces informations, transformer une bonne partie de la planète en hangars pourrait ne pas suffire. La dématérialisation de la culture pourrait alors constituer la solution idéale pour cet objectif de conservation.

Le premier atout de ce concept se situe ainsi au niveau du stockage. En effet, convertir un livre physique en fichier virtuel permettrait de conserver les connaissances dans un espace immatériel infini. Toutes les connaissances gardées dans les bibliothèques, musées et autres centres culturels du monde entier pourraient ainsi se retrouver en un seul et même endroit, et il suffirait d’en indiquer les références pour retrouver l’ouvrage. De plus, vous n’aurez plus besoin de trimballer des volumes lourds et encombrants chez vous pour effectuer vos recherches. Il vous suffira de vous munir d’un lecteur CD portable pour lire les informations dont vous avez besoin, et qui ont été gravées sur un disque spécifique. Mieux, vous n’aurez peut-être même pas besoin d’un disque, sachant que le principe de la dématérialisation reste l’absence de recours à un support physique. Vous pouvez simplement vous rendre sur un site précis pour retrouver les informations recherchées.

Par ailleurs, certaines informations ont tendance à disparaître, et les supports physiques peuvent s’altérer avec le temps. Un livre peut se déchirer, un disque peut se rayer, et le cerveau humain peut mourir. Tous ces facteurs jouent sur les connaissances culturelles qui y sont emmagasinées, apportant le risque de les effacer pour toujours, si des sauvegardes n’ont pas été effectuées quelque part. Il s’agit d’un autre avantage de la dématérialisation. Les fichiers sauvegardés dans le monde virtuel peuvent y rester indéfiniment, sans risquer de s’altérer ou de disparaître, sauf en cas d’effacement exprès. Les informations deviendront ainsi toujours disponibles et intègres, accessibles par tout le monde, et sans aucun souci de contraintes géographiques.

Dans un autre contexte, la dématérialisation peut également constituer un geste écoresponsable. En effet, en supprimant les différents supports physiques comme les livres, les disques ou tout autre équipement de stockage, le recours aux matières premières naturelles connaîtra une baisse conséquente en termes de consommation massive. Les arbres seront moins abattus, l’eau sera moins exploitée et l’air sera moins pollué, contrairement à la situation dans la procédure de transformation pour obtenir un livre en version papier. La baisse peut être négligeable dans un premier temps, mais à grande échelle, la planète pourrait en sortir bénéficiaire.

Les limites à la dématérialisation

Malgré tous ses intérêts, de nombreuses conditions restent cependant nécessaires pour que la dématérialisation de la culture soit totalement effective. De la méthode à l’habitude de consommation, elle peut se heurter à des difficultés réelles.

Le premier frein concerne l’accès au monde virtuel. Toutes les régions du monde ne disposent pas d’une connexion Internet, et quand bien même il y en aurait, les performances ne peuvent pas s’équivaloir entre une mégalopole traversée par la fibre, et un village reculé qui ne connaît même pas l’ADSL. Il est donc clair que pour cette seconde catégorie de consommateurs, les supports matériels comme les livres, les cassettes VHS ou audio resteront d’actualité. D’ailleurs, bon nombre de musées obtiennent leurs pièces uniques ou leurs manuscrits précieux après avoir exploré des contrées lointaines, aux antipodes de la technologie moderne.

D’autre part, l’habitude culturelle en elle-même peut ralentir l’expansion de la dématérialisation. Compte tenu du nombre d’œuvres littéraires ou cinématographiques rééditées, les supports classiques ont encore de beaux jours devant eux, pour le plus grand plaisir des bouquinistes. En effet, si l’on sait que les personnes âgées aimaient lire, l’on constate aujourd’hui un certain engouement des jeunes et moins jeunes pour le plaisir du feuilletage. Tourner une page l’une après l’autre procure un effet apaisant et palpitant à la fois, une sensation nouvelle que ceux qui ont l’habitude de parcourir un écran découvrent et semblent apprécier.

Enfin, même si l’idée peut paraître assez contradictoire dans son étymologie, la dématérialisation de la culture nécessite quand même du matériel. En effet, même sans support physique comme le papier ou le disque, vous devez quand même disposer d’un ordinateur, d’un smartphone ou d’une tablette entre autres, pour recueillir, parcourir et profiter en intégralité des informations stockées dans le monde virtuel.

 

 

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