Une confiance qui se dégrade entre les Français et la Media

Dernière mise à jour: 23.09.19

 

Chaque année, le Groupe la Croix-Kantar réalise un sondage pour poser une statistique en ce qui concerne la confiance qu’ont les Français envers les médias. À l’image des résultats depuis quelques années déjà, le baromètre pour cette année 2019 indique que les relations entre les médias et les Français sont encore en dégringolades. Cela concerne tous les médias en tous genres, presse écrite, télévision, radio et même Internet.

Par rapport à l’an dernier, les chiffres ont encore reculé considérablement. On dénote moins de 6 % pour la radio, si pour la presse écrite, la confiance a baissé de 8 % et de 10 % pour la télévision. Par contre, on constate qu’un média a tout de même gardé la même position que celle qu’elle avait déjà avant, il s’agit de la radio. La radio il y a une vingtaine d’années avait été considérée comme étant le média par excellence, une source d’informations fiable et crédible. Même si le score n’est pas tout à fait au point, la crédibilité reste tout de même présente. Selon le sondage effectué par la Croix-Kantar, il y a encore 50 % des Français qui s’accordent que les radios diffusent exactement les informations suivant une image fidèle des faits et de la réalité. Pour le reste des médias par contre, les choses sont assez compliquées. Seuls 44 % des sondés estiment que la presse écrite est digne de confiance. Pour ce qui est de la télévision, 38 % des Français seulement lui accordent une certaine crédibilité.

 

 

Mais pourquoi une telle baisse de confiance ?

En fait, dans la pratique, tout ce qui est dit et raconté sur les médias, selon la plupart des Français, ne correspond pas exactement aux faits qui en sont dans la réalité. Et pourtant, tout l’enjeu du métier de journaliste se joue sur ce point. Dans la profession de journaliste, le journaliste joue le rôle de médiateur et, pour ce faire, il doit adopter une technique de travail qui lui est propre. Il ne s’agit pas de prendre les propos bruts pour ensuite directement les recracher. Il faut commencer par faire un tri, en fonction du domaine. Quand on opère le tri, il n’est pas question de se laisser dicter par une idéologie. Par exemple, en présence de deux propos, il faudra choisir celui qui propose le plus de clarté et qui s’avère être le mieux exprimé. C’est dans ce cas que les journalistes sont plus ou moins obligés de se défaire d’un point de vue, pour en choisir un autre. Dès que les données sont un peu trop dispersées ou mal exprimées, on passe à d’autres données.

Mais ce n’est pas l’unique raison de cette baisse de confiance. Les journalistes manquent également d’indépendance. Ils ont énormément du mal à se défaire des pressions quand ils entrent en contact avec les partis politiques ou encore avec le pouvoir. Du moins, c’est ce que pensent plus de 65 % des personnes sondées. 62 % d’entre eux avancent que c’est par rapport aux pressions exercées par le biais de l’argent que les journalistes ont du mal.

 

Par contre, un intérêt pour les informations

Heureusement, l’intérêt porté pour la connaissance et les informations quant à lui n’a pas baissé. Selon le baromètre, on compte encore plus de la moitié des Français, soient en moyenne 67 % qui continuent à suivre les actualités fournies par les médias.

Si on fait un petit retour en arrière dans l’histoire, cela fait plus de trente années que les relations sont compliquées entre les Français et les médias. Le résultat de cette étude reste donc sans surprise. Mais dans toutes ces critiques et ce “mépris” en quelque sorte, les Français continuent et ont besoin tout de même de s’informer. Il a fallu en effet se fier à la couverture médiatique des évènements pour la crise des “gilets jaunes”. D’ailleurs, ce sont ces manifestations qui ont contribué à accentuer les choses, et notamment à prendre à part les journalistes. La population estime à cet effet que les journalistes avaient trop exagéré sur les faits, sans oublier que leur indépendance s’en est trouvée encore moins crédible que ce qu’il en est d’habitude.

 

 

Le climat a été placé à part

Au cœur de la couverture médiatique, on retrouve essentiellement les événements politiques. Quand ils ont fait leurs études, le baromètre a également tenu à mettre en avant les sujets qui sont beaucoup moins mis en avant. Parmi ces sujets dont on ne parle pas beaucoup dans les médias, on peut citer particulièrement le climat. Selon les personnes qui ont été sondées sur la question, nombreuses sont celles qui auraient apprécié que le sujet soit abordé, notamment que soient données des informations relatives à la marche pour le climat, qui est en train de s’opérer dans plusieurs villes depuis l’automne de l’an dernier.

Une réalisatrice de documentaire travaillant pour “Les médias, le monde et moi estime qu’il est nécessaire de mettre davantage toutes les questions concernant le climat et les préoccupations écologiques en avant sur la scène des médias. Si les foyers ont commencé à intégrer ce paramètre dans leur quotidien, il faudra cadrer celui-ci dans les médias pour promouvoir un peu plus de données là-dessus.

 

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